04/04/2011

La torture dans les prisons belges: Arbi Zarmaev

Bruxelles, le 4-4-2011 – Hier, en début d’après midi, la famille du réfugié tchetchène Arbi Zarmaev, a appris de la part de l’avocat Gantois Thomas G., qu’il était ¨prêt d’aller voir Arbi avec un médecin qui travaille hors de la prison¨ . ¨Cela ne posera aucun problème¨, selon l’avocat. Tard dans la soirée, Thomas G. fît soudainement savoir que ¨la visite prévue pour aujourd’hui ne pourra pas avoir lieu, parce qu’il n’a pas été prouvé que le médecin qui veut aller voir Arbi Zarmaev pour l’examiner, est vraiment un médecin¨ (bien que ce médecin exerce sa profession déjà depuis des années, que sa profession est marquée sur son passeport, et qu’il s’agît du même médecin qui a visité Marcel Vervloesem de l’asbl Werkgroep Morkhoven pendant son enfermement dans la prison de Bruges).

La direction de la prison à Bruges sait parfaitement que le médecin dont il s´agît ici, est un médecin officiel qu’ils ont eux-mêmes déjà autorisé dans le passé, de visiter un de leurs détenus.

Depuis presque une semaine, la famille d’Arbi Zarmaev n’a plus le droit de lui rendre visite. Son avocat Thomas G. est le seul désormais à avoir le droit d’aller le voir. L’avocat déclara après sa visite qu’Arbi ¨proférait des paroles complètement dénuées de sens¨ et qu’il ¨ne voulait voir plus personne ni parler à personne¨, cela bien que il y a quelques jours Arbi a encore parlé avec sa famille sans montrer le moindre signe d’avoir perdu la raison.

Nous pensons que tout ceci a un rapport avec le fait qu’Arbi , qui ne peut plus guère marcher, devait comparaître de nouveau devant le Conseil de l’Etat il y a quelques jours pourque celui-ci approuve son extradition vers la Russie qui avait déjà été signée par le ministre de la Justice De Clerck.

On a l’impression qu’on a voulu isoler Arbi du monde extérieur pourque rien ne vienne entraver la décision déjà prise de l’extradier. La famille d’Arbi vit maintenant dans une grande incertitude et elle craint pour sa vie. Rappelons qu’Arbi ne pèse plus que 50 kilos. Mais au lieu qu’on lui procure les soins médicaux urgents dont il a besoin, on le tient enfermé depuis des semaines déjà dans une cellule d’isolement (d’abord à Hasselt, et maintenant à Bruges). A un moment donné on lui a même interdit de boire de l’eau pendant 4 jours, de sorte que son état de santé s’est encore plus détérioré , ce qui lui aurait même causé de sérieux problèmes aux reins.

L’avocat Thomas G. a déclaré il y a quelques jours ¨que ni lui ni Arbi étaient en possession du dossier médical du dernier, puisque Arbi (qui ne parle guère le néerlandais) avait omis de signer l’autorisation réquise pour cela¨. Mais depuis quand un détenu et son avocat sont il obligés de signer une autorisation pour pouvoir consulter ou disposer du dossier médical du détenu? Est-ce qu’on aurait par hasard traffiqué ce dossier? Des pièces ont-elles disparues du dossier, comme cela s’était produit il n’y pas si longtemps dans le cas d’un autre prisonnier gravement malade et isolé dans la prison de Bruges? A ce sujet j’ai écrit au ministre de la Justice Stefaan De Clerck, sans toutefois recevoir de réponse. On croirait prèsque que ministre De Clerck , après ses contacts avec l’Ambassade Russe et après avoir signé l’extradition d’Arbi vers la Russie, a donné l’ordre de traiter le détenu de la manière que nous rapportons ici.

L’interêt pour cette affaire qu’ont montré Pax Christi et Amnesty international, ainsi que le fait que la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui a déjà plusieurs fois condamné l’Etat belge, risque de se pencher sur l’affaire, pourraient jouer un certain rôle dans tout ceci.

En plus, l’Etat belge a déjà été condamné il y a quelques années par le Comité Européen Contre la Torture pour des tortures qui ont lieu dans ses prisons, un fait qui a été rapporté par la presse.

Il apparaît clairement qu’on a affaire ici à procès politique et qu’il y a eu probablement des décisions prises d’avance dans des entretiens secrets etre la Belgique et la Russie, comme cela s’est déjà vu lors du procès où le gouvernement turque demandait l’extradition d’un autre homme détenu en Belgique. Dans cette affaire-là, c’était Laurette Onkelinx. alors ministre de la Justice, qui était impliquée.

La famille d’Arbi Zarmaev commence à se demander si l’avocat Thomas G., qui a refusé pour des raisons inconnues l’offre d’aide d’un autre avocat qui s’intéressait dans cette affaire, entretient des fois des contacts avec la direction de la prison de Bruges et avec le cabinet du Ministre De Clerck à Bruxelles. Elle a appris que l’avocat a eu des contacts avec un juge qui est impliqué dans cette affaire d’extradition.

Est-ce qu’on est en train de régler certaines choses en cachette?

Jan Boeykens, 10, Rue Faider, 1060 Saint-Gilles

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